Laurent Terras vu/e par Richard Leydier

Laurent Terras. Précis d'écologironie

Il y a dans l’œuvre de Laurent Terras une urgence écologique. Mais il faut d’emblée préciser qu’elle est largement ironique. On pourrait du reste imaginer une nouvelle catégorie de pensée, à mi-chemin entre la prise de conscience et le bon sens : l’écologironie.

 

Ainsi, l’artiste propose de faire chauffer son fer à repasser au soleil (les Ultra-Terrestres [Repassage], 2017), ou bien d’adapter un tambour de machine à laver sur une bicyclette (L’Essorage des utopies, 2009), plutôt que de brancher les appareils électroménagers. Les économies d’énergie réalisées permettraient ainsi de sauver la planète. Mais l’artiste sait bien, et nous le savons aussi, que ces gestes, aussi engagés et pleins de bonnes intentions soient-ils, sont dérisoires face à l’ampleur de la tache et des dégâts commis par plusieurs générations.

C’est bien dans ce hiatus que s’introduit Laurent Terras. Entre le dérisoire et la catastrophe. Chacune de nos actions, selon la loi du battement d’aile d’un papillon, a une incidence dont nous n’avons pas toujours ...

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