Gracias por todo, 2018
une exposition de César Martinez et Nicolas Milhé
Casa de Francia, Mexico
« […] nous sommes arrivés dans la -fantasmagorie mexicaine qui, en fait, nous a donné la colique […] »
Lettre de Marcel Duchamp à Henri-Pierre Roché, Mexico, 18 avril 1957.
"Plus que la revanche de Moctezuma qui affecta Duchamp comme presque tout étranger débarquant au Mexique, c’est le fantastique dont il gratifie ce pays qui ici retient l’attention. Que reste-t-il aujourd’hui de cette supposée fantasmagorie mexicaine lorsqu’il ne se passe pas un jour sans que l’on entende parler de nouveaux homicides, d’enlèvements tragiques ou de la découverte d’un charnier plus macabre que le précédent ?
Au-delà du divertissement pantagruélique que propose César Martinez en invitant le public à manger statues de la liberté, monuments à la révolution, effigies précolombiennes et bustes d’hommes célèbres, n’y a-t-il pas une intention moins frivole qui pointe du doigt le pathétique d’une époque cannibale où les symboles de cultures au coude à coude ne sont ni plus ni moins devenus que de simples objets de consommation interchangeables que l’irréalité d’une charge fantastique aurait définitivement déserté ? Tout y passe et aucune culture n’est épargnée. Il y va du suicide entre amis mis en scène par Marco Ferreri dans La grande bouffe en 1973 dans cette cène apocalyptique servie au soir du dernier jour de l’été 2018 (...)."
Le catalogue a été édité à l'occasion de l'exposition César Martinez et Nicolas Milhé, une collaboration interculturelle et transatlantique et du colloque Estética y Republica.




Pyramide, 2018
béton et laiton
120 × 120 × 230 cm
Production Natural Urbano, León, Guanajuato

Le Jaguar, 2018 (détail)
laine et pierre obsidienne
310 × 200 cm
Production Bulmaro Mendoza, Oaxaca

Le Jaguar, 2018
laine et obsidienne
310 × 200 cm
Production Bulmaro Mendoza, Oaxaca

Le serpent, La Grande Ourse et L'aigle, 2018
Miroir et judas
120 × 160 cm (chacun)
Production Natural Urbano, León, Guanajuato

L'aigle, 2018 (détail)

Crédits photographiques : Juan Pablo de la Vega
